Discussions pédagogiques(3): c'est subjectif

Publié le par jdmichat

« C’est subjectif ».

Voilà un commentaire devant lequel j’avoue m’être souvent trouvé désarmé. Je parle effectivement souvent de choses senties, ressenties, suggérées, effleurées, supposées, de magie, d’innéfable…beaucoup d’éléments que finalement je ne peux pas prouver ou mettre dans des cases pour obtenir des éléments d’évaluation « paramétrables ». Tout cela est-il pour autant subjectif ?...A bien y réfléchir je me dis que non. L’explication paraîtra prétentieuse et déplaira sans doute à tous ceux qui ont appris la musique dans les livres ou qui en parlent généreusement sans la pratiquer.

 

Je dirais volontiers que tous ceux qui ont encore à passer des concours pour prouver ou obtenir quelque chose doivent admettre de facto que des critères de jugements leur échappent. Si ce n’était pas le cas, ils seraient de l’autre coté de la table. Je dirais même que cette manière de penser est un préalable à tout statut « vivable » d’étudiant. D’un côté « on

n' apprend pas à ses parents à faire des enfants » et d’un autre « on ne peut pas enseigner à des gens qui n’ont pas envie d’apprendre ».

 

A la limite, le jugement d’une finale de concours international, avec orchestre, sur des concertos différents peut être effectivement subjectif. En dessous (ça ne me choque nullement de dire ça ouuuuuuuuuh) et bien non, rien n’est subjectif. L’idée de ne plus avoir de concours à passer est symptomatique car à un « certain » niveau (non subjectif puisque défini comme suit) on ne peut plus être « comparé à », l’identité artistique est là, entière, assumée et personnelle donc unique.


A partir de là, tous les artistes sont différents et l’idée de les évaluer n’effleure l’esprit de personne ! Si évaluation il y a, c’est que l’artiste est un artiste en herbe et que, même bourré de talent, il doit s’en remettre corps et âme à ceux qui ont dépassé ce stade pour s’épanouir pleinement. Ne pas croire en ses pairs c’est ne pas croire en son art.

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